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Fécamp et le Guerre De Cent Ans

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Procyon 

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Posté 25 décembre 2012, 17:28

La guerre de Cent Ans (1337 - 1450)

Au début des hostilités, deux nefs de Fécamp (et six d'Étretat) participèrent à la malheureuse bataille de l'Ecluse, le 24 juin 1340. Le débarquement d'Edouard III à La Hougue le 12 juillet 1346 amena une forte armée anglaise sur Ie sol français ; un mois plus tard ce fut le désastre de Crécy et l’année suivante la prise de Calais. Une trêve intervint. Jusqu'en 1363, Fécamp fut à l'abri du conflit mais au mois de septembre, une bande de Navarrais, ennemis du Roi de France auquel Fécamp était demeuré fidèle, fondirent sur la ville, investirent Ia forteresse, pillèrent le monastère, incendièrent quantité de maisons. Après le départ des Navarrais, les abbés successifs relevèrent les ruines, et la forteresse put résister aux passages d'autres bandes armées.
Les trêves, qui s'étendaient parfois sur plusieurs années, favorisaient la reprise des activités de la pêche, mais après la mise à sac de 1363, le cœur n'y était plus. Le trafic fut parfois quasiment inexistant : moins de taxes, résultant d'une activité parfois nulle du port, ne permettaient plus d'assurer le moindre entretien. II fallut l'intervention royale : Charles V accorda des aides financières afin que "la ville, laquelle est assise en bord de mer, soit mieux gardée, réparée, fortifiée. En 1378, les Religieux bénéficièrent d'un subside de 1 franc par tonneau de vin et autres marchandises telles que cervoise et breuvage débarquées, mais ce fut insuffisant. En mars 1399, des lettres de Charles VI parlent de "grans frais et mises qui sont nécessaires de présent estre faites en icelle forteresse comme audit hable, lequel par les vagues et inondations de la mer, est en péril de tout cheoir en ruynes »

Image IPB
(Gravure de Fécamp, pas du tout d’époque)

En juillet 1409, selon Ia chronique normande de Pierre Cauchon, une escadre anglaise força l’entrée du port et le sac de 1363 se répéta. :
400 maisons furent incendiées, Fécamp désertée de ses habitants, mais le monastère semble avoir été épargné. Après le désastre d'Azincourt, Ie 25 octobre 1415, et la prise de Rouen quelques années plus tard, toute résistance était devenue inutile à Fécamp et l’abbé Estod d’Estouteville remit la place et le port aux anglais.
Ces évènements malheureux ne sont guère favorables aux activités du port : Alphonse Martin rapporte que le revenu de la pêquerie de Fécamp néant » car John Falstaff, le gouverneur anglais, les recueille à son profit ! et le produit de la harengaison (1/10è de la vente du poisson ne fournissait « aucun avoir, parce que Ie hâble de Fécamp coûtait plus à maintenir et à garder que le revenu ne valait »
Comme on l'a vu, la Guerre de Cent Ans bénéficia de "pauses", durant lesquelles l’activité portuaire reprenait plus ou moins. On fit quelques travaux conservatoires au début du XVès car, l'érosion marine ignorant la folie des hommes, il fallait bien sauvegarder les quelques aménagement déjà réalisés. Amédée Hellot a dépouillé avec grand soin les documents du Fonds de Fécamp concernant les généralités des revenus de l'abbaye, donnant, de précieux renseignement sur I ‘organisation, I ‘aménagement et les travaux d'un hâble dans la période du 18 septembre 1420 jusqu'à Pâques 1422, en I ‘occurrence celui de Saint-Valéry-en-Caux appartenant à I'abbaye :

Le personnel du port de Saint-Valery comptait alors un "garde des portes du hâble" et deux "esperrieux", hommes plus spécialement chargés d'enlever les galets à I'entrée. Les dépenses- de I ‘année 1420 furent élevées « car cette année là on construisit, renforça, refit, allongea les espys » dont I'un était destiné à orienter le chenal d'entrée. Il fallut d’ailleurs Ie refaire en 1421 vu que « par fortune de temps, il avait été dépêchié et allé avecques la barre ». Autrement dit, le déversement brutal de Ia retenue d'eau avait tout emporté ! On employa pour ce faire 4000 fagots et des pieux furent "fiquiez dedans pour qu'il tenist mieulx » et on chargea le tout de grosses pierres : voilà en quoi consistait à l'époque le mode de construction d'ouvrages portuaires pour créer de courts épis, ancêtres des jetées, conforter les talus préservant de l'érosion marine les chaussées qui deviendront plus tard des quais. Constructions fragiles, incessante de l’homme contre les éléments !

#2 L'utilisateur est hors-ligne   l'trou au quin 

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Posté 25 décembre 2012, 19:43

merci , PROCYON, tres instructif et intéressant

#3 L'utilisateur est hors-ligne   pieleg 

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Posté 26 décembre 2012, 07:06

on en redemande clapping clapping clapping

#4 L'utilisateur est hors-ligne   migus 

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Posté 26 décembre 2012, 13:48

Super Procyon ! Donc pendant 35 ans Fécamp fut aux anglais ?

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Forcibleman 

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Posté 27 décembre 2012, 07:58

Je comprends mieux pourquoi je ne peux pas sentir les habitants de la perfide Albion.

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